Petite anecdote

Publié le par JGO17

Un jour de printemps, Didier Boutigny m’appelle, il  dirige un chantier  de galerie EDF dans l’Aveyron. Les gars ont des conditions de travail très pénibles me dit-il, démolition de béton dans une galerie longue de plusieurs km, travail dans l’obscurité, et dans un milieu humide et bruyant, etc…. Je ne connais pas très bien ce type de travaux. Les gars demandent une prime de pénibilité, après discussion, D Boutigny s’emporte une peu  et la phrase fatidique (je la connais depuis bientôt 30 ans) est lâchée : t’as qu’à venir voir sur place pour te rendre compte plutôt que de rester le cul sur ton fauteuil !

Quelques jours après je me rends sur le chantier, un coin perdu dans l’Aveyron , + 1 heure pour trouver le site , le chantier est à flanc de montagne, c’est une galerie, sorte de boyau dont la hauteur maxi est de 1,75 et la largeur de  5 à 6, de l’eau stagne au fond , il fait très sombre, les parois sont recouvertes d’une espèce de poussière noire très grasse, le bruit des ventilateurs et des marteaux piqueurs est assourdissant.

Didier m’amène un vélo,  un casque muni d’une lampe, il faut rejoindre l’équipe à 2 kilomètre de l’entrée de la galerie, il y a bien quelques fenêtres entre l’entrée et le lieu de travail mais elles sont inaccessibles.

 
Nous voilà donc parti sur les VTT, je n’y vois rien et je pédale péniblement  derrière Didier qui me donne l’impression d’en rajouter un peu en accélérant dans la galerie.Avec mes lunettes, le casque, les projections d’eau noire et le peu de lumière, c’est dur, en plus il faut éviter les obstacles au sol et les trous d’eau.

Enfin arrive ce qui devait arriver, un énorme trou rempli d’eau donc invisible, je fais un beau soleil le casque part d’un côté, les lunettes de l’autre, et je m’étale de tout mon long face contre le fond de la galerie, le pantalon et la chemise trempés et noircis.  Eclats de rire de Didier, moi un peu moins, j’ai quand même eu de la chance de ne pas m’être blessé.

 Je récupère les lunettes en tâtonnant dans une flaque d’eau, le casque, redresse le guidon du vélo, et on repart. Il faudra encore marcher un peu ,et là je me cognerai bien une dizaine de fois la tête au toit de la galerie bien trop bas pour mes 1m76.

Les gars sont tout heureux de me voir dans cet état, je leur demande en souriant si ça ne suffit pas à compenser le mal qu’il se donne à travailler dans ces conditions et si la prime est bien nécessaire.

 Didier me prêtera un pantalon et un tee-shirt pour que je puisse rentrer chez moi dans une tenue convenable, je pars en étant sûr que cette anecdote va faire le tour de l’entreprise.

5 ans après on m’en reparlera lors d’un repas de fin d’année.

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Publié dans dodin

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